Et si on arrêtait de vouloir “dépasser” nos parts d’ombre ?

Lors d’une récente balade dans la nature avec mon chien, une réflexion m’est venue — comme souvent dans ces moments où l’esprit s’autorise à vagabonder.

Ces derniers temps, je ressens une forme de saturation face à certains discours très présents dans le développement personnel et la spiritualité.

Des mots comme “parts d’ombre”, “lumière” ou encore “éveil” sont devenus omniprésents.

Et bien qu’ils aient, à l’origine, une vraie profondeur, j’ai parfois le sentiment qu’ils sont aujourd’hui utilisés de manière un peu automatique… presque vidés de leur substance.

Des nouvelles tendances promettant libération et guérison rapide, presque instantanée, fleurissent chaque année comme des phénomènes de mode à consommer et qui retombent comme des soufflets au bout de quelques mois. Des praticiens à peine formés, sans formation de psychologie clinicienne, qui s’improvisent apprenti sorcier bien souvent pour se guérir soi-même. C’est non éthique, non déontologique et surtout cela peut être dangereux.

Une spiritualité comme une fuite de la réalité

Certains vont aller chercher dans des mémoires karmiques, des vies antérieures, d’autres vont cumuler les stages, les soins divers et variés, des cérémonies prometteuses, des incantations éthérées, trouver dans chaque plume un signe qui les rassure, qui les conforte, qui ne fait qu’accentuer leur dépendance à une réponse extérieure.

La spiritualité est comme devenue un refuge pour éviter le réel, un alibi pour remettre en dehors la faute, la raison, l’origine, la réponse. Alors on canalise, on manifeste, on invoque, on incante … d’accord oui mais qui agit, qui passe à l’action, qui décide, qui assume les conséquences, qui porte ? Une divinité extérieur ?

Je suis de celle qui croit au plus profond de moi que la souveraineté, l’indépendance, le pouvoir personnel doit partir de soi et non dictée par le fait que vous avez lu sur une porte le mot que vous attendiez ! C’est dans son corps, dans son ventre, dans son centre que nous avons la réponse, sauf que nous avons perdu notre sens de l’intuition, notre instinct animal en nous déconnectant de la nature dans un premier temps et en accélérant notre rapport au temps, en voulant toujours aller plus vite et plus loin dans une course folle à la consommation et la croissance.

Une spiritualité parfois déconnectée

Alors ce qui me questionne, ce n’est pas tant les concepts eux-mêmes, mais la manière dont ils peuvent parfois éloigner de quelque chose de très simple : notre humanité.

Comme s’il fallait avoir “dépassé” certaines parts de soi pour être plus avancé, plus éveillé, plus aligné.
Mais est-ce vraiment ainsi que fonctionne le cheminement intérieur ?
Les “parts d’ombre”, si l’on prend le temps de les observer, sont souvent des mécanismes de protection.
Des réactions, des comportements, des façons d’être qui se sont construits au fil du temps, en réponse à notre environnement. À notre histoire. À notre éducation. Aux expériences que nous avons traversées.
Elles ne sont pas là par hasard. Et parfois elles sont utiles à notre fonctionnement, vouloir à tout prix les dégommer, c’est jouer au bowling sans filet pour récupérer les balles.

Se construire… plutôt que se corriger

Nous sommes tous, en quelque sorte, façonnés par ce que nous vivons. Polis par nos expériences, comme un joyau.

Alors oui, nous avons une forme de liberté d’être. Mais cette liberté s’inscrit toujours dans un cadre : celui de nos conditionnements. Et peut-être que le véritable chemin ne consiste pas à “corriger” ce que nous sommes… Mais à mieux le comprendre. À l’accueillir avec un peu plus de lucidité.

Faire face à « nos parts d’ombre » aurait pour moi plutôt l’utilité de mieux comprendre nos mécanismes de défense, d’attaque, de repli, ce qui s’inscrit finalement dans nos réactions primaires. La fuite, le combat, le figement, des réponses de notre système nerveux autonome très bien expliquées grâce à la théorie polyvaguale de S. PORGES, neuroscientifique. Ces travaux sont d’une richesse incroyable pour déculpabiliser face à nos réactions et ainsi ouvrir la porte d’une auto-régulation.

Revenir à l’essentiel

Plutôt que de chercher à transcender ou à étiqueter, il me semble aujourd’hui plus juste de revenir à quelque chose de simple :

Observer.
Nos incohérences. Nos fragilités. Nos forces. Nos limites.
Sans jugement excessif. Sans idéal inaccessible. Juste avec honnêteté. Se regarder avec douceur et compassion, dans ce que nous pouvons offrir de beau à soi, aux autres, au monde et puis s’accorder que oui l’envie, la jalousie, la colère, la frustration, la tristesse font aussi partis de nous, l’important est de savoir ce que nous en faisons !

Le yoga comme miroir

C’est aussi ce que m’enseigne le yoga, jour après jour.
Au-delà des postures, la pratique est une véritable rencontre avec soi.
Sur le tapis, il n’y a pas de rôle à jouer. Seulement ce qui est là, dans l’instant.
Des jours de fluidité. Des jours de résistance.
Des moments de confiance. Et d’autres, plus fragiles.

Et c’est précisément dans cette réalité-là que quelque chose se transforme.

Pas dans la quête d’une version parfaite de soi… mais dans une relation plus consciente et plus apaisée avec ce que nous sommes.

Et si c’était ça, le vrai chemin ?

Peut-être que grandir ne consiste pas à éliminer nos parts d’ombre…
Mais à apprendre à vivre avec l’ensemble de notre humanité.
Avec plus de douceur. Plus de présence.
Et sans doute aussi… plus d’humilité.

Un chemin moins spectaculaire, mais infiniment plus vrai.

En douceur,

Sandrine

découvrir d’autres articles

Rituel du solstice d’hiver

Rituel du solstice d’hiver

Bilan, gratitude, cycles et semences de demain Je vous partage aujourd’hui une de mes pratiques chères de fin d’année. Un moment que j’aime m’offrir : doux, intime, profond. Un espace pour regarder dans le rétroviseur, faire le bilan, déposer ce qui a été… Et...

Lire l'article

Je suis Sandrine, une femme sensible et intuitive, profondément attachée à l’idée de vivre avec authenticité et douceur.

Mon chemin a été marqué par des passages de doutes, de deuils, mais aussi de renaissances. À chaque fois, j’ai trouvé dans le souffle, le mouvement et le toucher, la force de revenir à moi-même.

C’est de ce vécu que naît ma façon d’accompagner : une écoute sincère, une présence simple et vraie, une invitation à ralentir et à se reconnecter à l’essentiel.

Ici, je vous accueille comme vous êtes, avec bienveillance, pour ouvrir un espace de respiration, de joie et de vitalité.